Romantisme

Qu’est-ce que le romantisme ? Si, selon Baudelaire, le romantisme se définit par la « manière de sentir », pour l’historien de l’art, le mouvement reste difficile à cerner, se situant à une période charnière, entre deux ères de civilisation bien distinctes.

Première difficulté, le début du romantisme varie selon les pays, en même temps que les domaines artistiques où il éclot : on considère généralement comme fondateur le mouvement littéraire allemand du « Sturm und Drang » (littéralement « tempête et élan »), qui vers 1770 rassemble les écrivains Schiller, Goethe, Novalis ou Schlegel autour d’une esthétique fondée sur la capacité à atteindre l’âme par le lien créé entre le créateur et le spectateur. Cette notion d’un art basé sur le ressenti de l’artiste, où prévaut le sentiment sur la raison, ne parvient en France que dans les années 1820 dans le domaine de la peinture, notamment avec Géricault et Delacroix, puis en littérature à partir de 1830, avant de contaminer la pratique statuaire dans la décennie suivante.

Mouvement réellement européen, le romantisme est associé en France à l’idée de révolte vis-à-vis de l’académisme, mais il existe aussi un romantisme assagi, tendant à la nostalgie et à une certaine mièvrerie, notamment dans l’œuvre de certains élèves d’Ingres.

Epousant un large spectre de pratiques et de mentalités, le romantisme, par ses procédés narratifs, est à l’origine de deux mouvements diamétralement opposés : le réalisme, par son aspect politique et social, et le symbolisme, par sa quête d’intériorité.  Recherche du passé ou de nouveaux sujets puisés dans les légendes anciennes ou les pays exotiques, culte métaphysique de la nature, revendication de la place de l’artiste dans la société, liberté d’expression, subjectivité sont les éléments majeurs que l’on retrouve dans les pays où s’épanouit le romantisme.

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